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Malfèr. 99
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claufe, le fuppliant et fés affociés fe feroient trouvés expofés à des pourfuites de la part des acteurs ; il étoit jufte que les fieurs Gaillard et Dorfeuille les en garantiffent, et la plus fure maniere de ne mécontenter perfonne, étoit de les obliger à les conferver. D'ailleurs c'étoit leur intérêt et ils n'auroient pu faire autrement. Enfin, la dernière claufe du bail qui a rapport au fuppliant et à fés affociés, porte textuellement « qu'ils s'arrangeront fi faire fe peut et fi bon leur femble avec les propriétaires et créanciers des Variétés-Amufantes et avec le fieur Audinot et autres propriétaires du fpectacle de l'Ambigu-Comique et traiteront avec eux tant des falles que de tout ce qui fert à l'exploitation defdits fpectacles en quoi qu'il puiffe confifter, à l'amiable et à dire d'experts, de manière que l'on ne puiffe rien imputer à ladite Académie s'il arrivoit ceffation de fpectacle : s'obligeant lefdits fieurs Gaillard ct Dorfeuille de la garantie de tous événemens à ce fujet. » Cette dernière claufe explique affe- clairement l'intention et la volonté de l'Académie royale de mufique de refpecter la propriété du fuppliant et de fés affociés. Elle leur enlève leur privilège du fpectacle des Variétés-Amufantes, mais après avoir, abftraction faite de la jouiffance ou de la non-jouiffance de leurs falles ct de cc qui en dépend, décidé que les fieurs Gaillard et Dorfeuille leur payeroient des indemnités et des penfions. Par cette dernière claufe elle porte fés vues plus loin. Prévoyant que les fieurs Gaillard et Dorfeuille ne pourroient fe difpenfer de fe fervir des falles, des décorations et des pièces appartenantes au fuppliant et à fés affociés, elle les oblige à traiter avec eux, ct comment ? A l'amiable, finon à dire d'experts ; c'eft-à-dire fuivant l'effi-mation qui en feroit faite par des gens de l'art pour chaque partie. Dc cette manière il ne pouvoit pas y avoir de difficultés entre les fieurs Gaillard et Dorfeuille et les fupplians. Enfin, l'Académie connoiffant le peu de délicateffe des fieurs Gaillard et Dorfeuille, craignant qu'ils ne vouluffent pas fatisfaire les fupplians et reconnoiffant cependant le droit qu'avoient le fuppliant et fés affociés de former contre elle des actions en garantie, elle charge les fieurs Gaillard et Dorfeuille de la garantie de tous événemens à ce fujet. Il faut en convenir, l'Académie royale de mufique s'eft bien conformée aux volontés de Sa Majefté ; fés intentions font pures, fa conduite eft irréprêhenfiblc ; elle juftifie ce que le fuppliant a avancé qu'on ne pouvoit pas légalement les dépouiller de la propriété que lui et fés affociés avoient du privilège des trois falles et de tout ce qui compofoit le fpectacle des Variétés-Amufantes.' Au lieu de refpecter les propriétés du fuppliant et de fés affociés, de tranfiger avec eux fur Ies indemnités et penfions qui leur étoient dues, les fieurs Gaillard et Dorfeuille, fans traiter, fans s'arranger avec eux et fans même leur parler, ont annoncé le 25 feptembre qu'ils les excluraient • et les dé-pouilleroient le i" octobre; ils ont en effet exécuté cet étonnant projet le ro du même mois et même auparavant. Ils font alors entrés dans la falle fur le boulevard, qui eft le magafin général des trois falles, ils ont mis la main . fur tout ce qui y eft renfermé, ils fe font fervis de toutes les décorations et des habits néceffaires pour jouer la comédie, ils ont fait jouer les pièces quc
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